mercredi, 08 mars 2006

Une vie d'artiste _ léo ferré

 

 


Je t'ai rencontrée par hasard,
Ici, ailleurs ou autre part,
Il se peut que tu t'en souviennes.
Sans se connaître on s'est aimés,
Et même si ce n'est pas vrai,
Il faut croire à l'histoire ancienne.
Je t'ai donné ce que j'avais
De quoi chanter, de quoi rêver.
Et tu croyais en ma bohème,
Mais si tu pensais à vingt ans
Qu'on peut vivre de l'air du temps,
Ton point de vue n'est plus le même.

Cette fameuse fin du mois
Qui depuis qu'on est toi et moi,
Nous revient sept fois par semaine
Et nos soirées sans cinéma,
Et mon succès qui ne vient pas,
Et notre pitance incertaine.
Tu vois je n'ai rien oublié
Dans ce bilan triste à pleurer
Qui constate notre faillite.
" Il te reste encore de beaux jours
Profites-en mon pauvre amour
,
Les belles
années passent vite."

Et maintenant tu vas partir
,
Tous les deux nous allons vieillir
Chacun pour soi, comme c'est triste.
Tu peux remporter le phono,
Moi je conserve le piano,
Je continue ma vie d'artiste.
Plus tard sans trop savoir pourquoi
Un étranger, un maladroit,
Lisant mon nom sur une affiche
Te parlera de mes succès,
Mais un peu triste toi qui sais
" Tu lui diras que je m'en fiche...
que je m'en fiche..."

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Le vol du météore



Je n’étais qu’un enfant alors, mais à mesure
Que le Soleil levant, rendait ma raison mûre,
Comme des rayons d’or sur la Lune semés,
Je remplissais en moi les sillons consumés.
En écoutant la voix qui ne me parlait pas,
Je frayai le chemin qu’emprunteraient mes pas.
Dans un silence fou, apercevant son dais,
J’apostrophais Dieu, mais nul ne répondait !
Je n’aurais pas laissé une seule seconde,
A ces moments perdus dont se meure le monde.
J’avais brûlé mon sang, à ce feu de mon cœur,
Sacrifiant le jour, cherchant une lueur.
Je ne sais quel instant profond de vérité ?
M’emmenait d’une idée vers ce lieu lacté !
Etait-ce un souvenir aveugle de l’amour,
Qui pour un tel effort justifia le tour ?
Etait-ce qu’exaltant mon âme jusqu’au culte,
Je craignis que le sol ne lui fût une insulte ?
Au prix de ce bonheur, que mille fois je meure !
Car je vis mille fois en de pareilles heures !
Les heures que pourtant demandait le séjour,
Sur des nuages blancs, chevauchant le contour,
Assaillirent mes flancs en un large soupir !
Je compris qu’à présent j’allais m’épanouir !
Par un fil dans les yeux, épousant les ténèbres,
Mon nombril se rivât au fond de mes vertèbres
Et des deux bords du temps, inspira ma pensée,
De ces liens du corps enfin débarrassée.
Emportés par le vent, je percevais les ondes,
Couvrant l’éternité d’interminables rondes ;
Mes ailes de lumière en séant à mon âme,
Eclipsaient à mes sens le néant qui se pâme.
A l’arrêt temporel, d’éden redescendu,
Avec un sentiment de paradis perdu,
A présent, le passé de telles destinées,
Marie mon souvenir aux images innées.
Parfois, se retrouvant en terrain imprévu,
Un seul coup d’oeil connaît ce qu’il n’a jamais vu
Et dans la certitude ou le réveil le plonge,
Invisible des yeux, l’ut visité en songe !
Qand le chant sidéral, haï de la ténèbre,
Au pays de l'azur et des rêves d'orphée,
Prédéstine l'aurore à ce héros célébre,
Cet Y échéant de son sein le trophée.
L'artifice funèbre éblouis du matin,
Ecoute en ces lieux l'ode mélodieuse,
Déchirant en lambeaux sa robe de satin,
Pour aller célébrer la voix silencieuse.
Ainsi l'étoile acouche un jour emerveillé,
Du temps prenant sa part, à la vie amoureux,
De sa belle maîtresse au joug ensoleillé,
Ephemère rosée sur le sol vaporeux.
Longtemps pourtant la fleur apres que le déluge,
Enhivré et lassé de ce vin et d'amour,
Oubliant d'investir un semblant de refuge,
Echape la pensée vétue de ce velours.

Ecrit par : MARIO KEKIC | lundi, 06 avril 2009

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